CHICAGO, la démesure américaine

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CHICAGO, la démesure américaine

Message par TheWickerMan le Sam 1 Oct - 12:19

Chicago d'abord c'est l'un des premiers groupes à comporter dans ses rangs une section de cuivres, influencés par le "Got To Get You Into My Life" des Beatles. A la même époque, le grand Al Kooper fonde Blood Sweat & Tears dans un but similaire. Mais alors que BS&T mêlent à ses influences jazz une influence blues et soul, Chicago va plutôt lorgner du côté de la pop et du funk. Chicago ensuite c'est trois chanteurs compositeurs (même si les cuivres s'y mettront par la suite): Robert Lamm, Peter Cetera et Terry Kath. Le premier est sans doute le compositeur le plus polyvalent (et talentueux) des trois puisque on trouve aussi bien des titres très pop ("Does Anybody Know What Time It Is"), funk ("Woman Don't Want To Love Me"), des rock bien sentis ("Listen" longtemps le seul titre que j'ai connu d'eux et qui reste mon préféré), du jazz rock ("A Hit By Varese"). Le deuxième est un excellent chanteur (ce qui éclipsa ses talents de bassistes pourtant éloquents sur les premiers albums du groupe), mais hélas il s'est spécialisé dans la ballade insipide qui, comble de malchance, sera le genre pour lequel Chicago se fera le plus connaître (inutile donc de préciser que ce n'est généralement pas du côté des hits du groupe que l'on retrouve les titres les plus intéressants). Enfin, le dernier est un redoutable guitariste, issu de toute cette école américaine géniale (Henry Vestine, Jorma Kaukonen, Harvey Mandel, Mike Bloomfield ou encore John Cipollina) qui sera éclipsée par les tous aussi géniaux guitaristes anglais. Kath souffrira beaucoup de son manque de reconnaissance dû aussi bien à un physique peu avantageux qu'au fait que ce n'est pas sur les hits de Chicago qu'il donne toute la puissance de son jeu (mais allez écouter "Sing A Mean Tune Kid" ou "Poem 58").



Chicago, c'est également un groupe qui a toujours voulu coller aux goûts de son époque... Et souvent aux goûts les plus larges possibles. Ainsi, si le premier album "Chicago Transit Authority" (leur meilleur album à mes yeux) étaient dans le pur esprit de la scène de la fin des années 60 de San Fransisco, dès que le groupe va racourcir son nom en Chicago, le groupe va peu à peu perdre de son audace musicale pour offrir un rock tinté de cuivres très grand publique. Les cuivres justement, qui offrent des arrangement très années 70 qui sonnent parfois un peu daté, et sont un peu trop envahissant sur certains morceaux qui y gagnent un côté kitsch qu'ils n'auraient pas eu sans eux. Néanmoins on y trouve de très bonnes choses. De cette période je conseillerais les albums Chicago III, Chicago V et Chicago VI (ce dernier étant justement un album où le groupe voulait se faire plaisir et s'éloigner de leur style commercial pour s'offrir de nombreuses plages instrumentales).



La mort accidentelle du guitariste Terry Kath va fortement ébranler le groupe. Sont apport musicale était énorme et représentait le dernier rempart rock d'un groupe qui basculait lentement mais surement vers la variété (écoutez Mississipi Delta City Blues sur Chicago XI, dernier album auquel il a participé. On est loin des sucreries de Cetera). C'est la fin des années 70, grande période disco. Sans embrasser franchement le style, on retrouve des influences sur l'album suivant la mort de Kath, "Hot Streets" où l'on trouve même les Bee Gees aux coeurs sur un titre (curieusement le plus rock de l'album, "Little Miss Lovin'"). La section cuivre de Chicago ira de son côté jouer chez les Bee Gees. Mais le groupe a de la peine à trouver un remplaçant à Kath, les guitaristes se suivent et la popularité du groupe s'effondre. Le groupe commence alors à faire appel à des compositeurs extérieurs et des musiciens de studio. Ainsi sur "Chicago 16" on retrouve des musiciens de Toto comme compositeurs et interprètes (dont Steve Lukather qui apporte des parties de guitares bien senties par moment). Cet album est celui de la transformation de Chicago vers un style ouvertement AOR et le groupe rebondit avec le succès de l'insipide "Hard To Say I'm Sorry" (sauvé par sa partie instrumentale bondissante à la fin). "Chicago 17" poursuit ce succès et ce style et deviendra un des gros carton commerciaux des années 80.



C'est à cette période que Cetera qui a supplanté Robert Lamm comme leader musical du groupe quitte le navire pour une carrière solo dans le même style et plutôt fructueuse. Le groupe va encore plus être envahi par les collaborateurs extérieurs, dont l'incontournable et insupportable Diane Warren, pour composer des ballades à succès dans la veine de Cetera. C'est également Bill Champlin guitariste arrivé sur "Chicago 17" qui devient la figure centrale du groupe, preuve que celui-ci n'a désormais plus rien à voir avec le Chicago Transit Authority (l'implication de Lamm est à présent nulle, hélas).  Tout comme les disques des années 70 étaient très ancrés dans leur époque, ceux des années 80, même s'ils présentent des titres AOR de qualité, sont également très fort ancrés dans le son de l'époque. Mais surtout, contrairement aux disques des années 70, le groupe a perdu toute personnalité. Le groupe est un peu comme Starship, héritier d'un glorieux groupe des années 60-70, mais qui n'a plus rien à voir musicalement avec ceux-ci. la carrière de Chicago et Starship dans les années 80 fut très fructueuse (plusieurs numéros 1 chez chacun), mais sont aujourd'hui considérés comme has been et kitsch tant le groupe sonne "groupe 80's" sans identité propre.



Aujourd'hui Chicago est comme les Beach Boys, un des groupes à la carrière la plus fructueuse et longue des USA, amputés de membres clés (Dennis et Carl Wilson pour les un, Terry Kath et Peter Cetera pour les autres) et dans des cycles de tournées nostalgies qui malgré la présence du compositeur génial de groupe, mais retraité depuis longtemps (Brian Wilson et Robert Lamm), n'ont rien à envier à la fin de carrière d'un Frank Sinatra ou d'un Perry Como dont ils sont les héritiers pour le meilleur et pour le pire....
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Re: CHICAGO, la démesure américaine

Message par Pichon le Dim 2 Oct - 7:32

A propos de Sinatra, "Does Anybony Really Know What Time Is It" m'y fait pas mal penser.

Je ne connais pas grand chose de la première période, et guère plus de la période supposée me convenir le plus. Supposée, car cette période des années 80 ne me plait pas tellement en réalité (bon, je ne crache pas sur la période où le groupe travaillait avec David Foster, quand même, bien que je la connaisse mal). Je ne suis pas loin de te rejoindre sur le cas Diane Warren. Cette femme était sans aucun doute efficace pour faire figurer un artiste dans le haut des classements, mais avec le recul, que reste-t-il de sa production, si ce n'est des chansons la plupart du temps sans saveur et complètement passées de mode ?

J'aime bien Little Miss Lovin, mais comme tu dis que c'est le seul titre de ce genre sur Hot Streets, je ne sais pas si l'écoute du disque vaut la peine.
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Re: CHICAGO, la démesure américaine

Message par TheWickerMan le Dim 2 Oct - 12:39

Pichon a écrit:A propos de Sinatra, "Does Anybony Really Know What Time Is It" m'y fait pas mal penser.

Plus aux chansons de Burt Bacharach alors, si on va du côté de la variété américaine.

Pichon a écrit:J'aime bien Little Miss Lovin, mais comme tu dis que c'est le seul titre de ce genre sur Hot Streets, je ne sais pas si l'écoute du disque vaut la peine.

Ça fait longtemps que je l'ai écouté maintenant. J'imagine qu'il est possible de le découvrir sur youtube...
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Re: CHICAGO, la démesure américaine

Message par Pichon le Dim 2 Oct - 13:01

TheWickerMan a écrit:Plus aux chansons de Burt Bacharach alors, si on va du côté de la variété américaine.

J'ai une connaissance trop sommaire de ce genre musical pour saisir la nuance, mais je te fais confiance.

J'essaierai d'écouter Hot Streets sur YouTube, oui.
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Re: CHICAGO, la démesure américaine

Message par Pichon le Ven 21 Oct - 21:12

Comme tu n'as pas dû lire le message que j'avais posté sur HNH80, j'en reparle ici.

J'ai profité d'une bonne occasion pour acheter le premier, ce qui n'était pas du tout prévu, et ce que je n'aurais pas fait sans t'avoir lu, Wickie.

Ce disque est assez différent de ce que j'écoute habituellement, c'est certain, mais j'ai trouvé assez intéressant de me sortir de mon petit confort habituel. A l'exception de quelques passages trop expérimentaux pour moi (surtout "Free From Guitar" que je trouve tout à fait indigeste), j'ai plutôt bien aimé ce disque. Il me faudra plusieurs écoutes pour me familiariser, mais la première écoute ne m'a pas du tout rebuté.
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Re: CHICAGO, la démesure américaine

Message par TheWickerMan le Sam 22 Oct - 18:52

Oui, effectivement les effets de larsen de guitares, c'est pas super intéressant à écouter comme ça. Le problème est le même sur le Live Dead de Grateful Dead qui date de la même époque.

Content que ça t'ai permis de découvrir cet album Wink
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Re: CHICAGO, la démesure américaine

Message par Philouze le Dim 23 Oct - 16:49

T'aurais pas oublié 25 Or 6 To 4 ?????

Parce que moi, j'ai pas oublié. 1991, M6, jeudi soir. Le soir où ils passent les clips Hard/Heavy. Thunderhead, groupe allemand avec un chanteur Ricain...



La baffe.

Et à partir de là...



PS: Pompé sur While My Guitar Gently Weeps, vous dites? Mais non.. Si peu..
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Re: CHICAGO, la démesure américaine

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