STYX (entre Rock Progressif, AOR et Broadway)

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STYX (entre Rock Progressif, AOR et Broadway)

Message par TheWickerMan le Mer 8 Aoû - 21:54

L’histoire de Styx commence alors que Dennis DeYoung, alors tout jeune adolescent, commence à jouer avec les frères Panozzo, des jumeaux qui comme lui habitent dans la banlieue de Chicago. Chuck joue de la guitare et John de la batterie tandis que Dennis les accompagne à l’accordéon. Alors que les années passent, Dennis DeYoung troque l’accordéon pour les claviers et Chuck la guitare pour la basse alors que John Curulewski, un ami d’université, les rejoins à la guitare. Il est bientôt suivi par un second guitariste, James Young. A l’époque le groupe se nomme TW4, mais lorsqu’ils signent leur premier contrat, on leur fait comprendre qu’il est préférable de changer de nom. Après de nombreuses discussions, ils finissent par opter par Styx, le fleuve des Enfers gréco-romains.

Les quatre premiers albums (Styx - 1972 - Styx II -1973 - The Serpent Is Rising - 1973 - et Man Of Miracles - 1974) sortent dans l’indifférence générale. Avec son mélange de Rock progressif et de titres Rock plus conventionnels, Styx peine à convaincre. C’est finalement lorsqu’un DJ célèbre repère le titre « Lady », un morceau qui commence comme une ballade en piano avant de monter en intensité jusqu’à un final Power Rock, et le passe en boucle que les choses commencent à bouger. La technique du matraquage fonctionne puisque « Lady » devient numéro 6 aux USA alors qu’il s’agit d’un titre sorti deux ans plus tôt ! Equinox, sorti cette même année 1975, bénéficie du coup d’une plus grande attention d’autant que Styx a depuis signé avec un label de plus grande envergure. S’il ne remporte pas encore un succès commercial délirant, le sympathique « Lorelei » rencontre une certaine notoriété. Mais celle-ci à un prix: John Curulewski jette l’éponge. En fait cette perte est ce qui pouvait arriver de mieux au groupe puisque son remplaçant est l’homme qui va propulser Styx vers les hautes sphères, Tommy Shaw.



Tommy Shaw a tout l’apanage de la Rock Star sans tout de fois entre déjà une: il est beau gosse et charismatique (point qui faisait dramatiquement défaut au groupe jusqu’alors), il dispose d’une belle énergie sur scène qui permettront aux concerts de gagner en intensité, mais surtout, en plus d’être un excellent chanteur et un guitariste plus que compétant, il est aussi bon compositeur. De ce fait, ces compositions offre un côté plus sexy entre les Rock parfois un peu kitsch de Dennis DeYoung et le Hard Rock virant parfois à la Spinal Tap de James Young. Bref, il va permettre à Styx de s’inscrire comme une pointure de l’Arena Rock américain. Le premier album avec Shaw, Crystal Ball, en 1976, est peut-être encore reçu timidement par le public, mais on retrouve déjà tout ce qui fera le succès du groupe. En particulier les titre « Mademoiselle », un Rock mélodique accrocheur, et la balle « Crystal Ball ». Retenons aussi le blusey et bien Hard « Shooz » ou encore un « Put Me On » grandiloquent.

C’est avec l’album suivant, The Grand Illusion, sorti l’année suivante, que Styx va s’imposer comme un groupe de premier plan. Etant certifié triple disque de platine, il est porté par deux tubes, « Come Sail Away » de Dennis DeYoung et « Footing Yourself (The Angry Young Man) » de Tommy Shaw, mais comporte d’autres pièces de choix comme le fougueux « Miss America » de James Young, l’épopée progressive « Castle Walls » et la ballade bien Rock « Man In Wilderness » de Shaw. Piece Of Eight, en 1978, remporte un succès similaire où cette fois Shaw domine le reste avec deux excellents titres de Hard Rock mélodique, « Blue Collar Man (Long Nights) et surtout « Renegade ». Cela dit, l’enlevé « Great White Hope » de Young et « Queen Of Spades » sont loin de démériter. Après deux albums de cette trempe, Cornerstone apparait quelque peu décevant: il manque des gros tubes Rock sur les suivants et Tommy Shaw semble en panne d’inspiration à ce sujet, signant à la place un titre folk, « Boat On The River », mignon mais qui laisse les amateurs de gros Rock sur la faim. DeYoung en profite pour faire un retour en force avec « Babe », une ballade très kitsch qui se retrouvera malgré tout aux sommets des charts. Porté par ce titre, et malgré la faiblesse général de l’album, Cornerstone se retrouvera multiplatine.

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Re: STYX (entre Rock Progressif, AOR et Broadway)

Message par TheWickerMan le Mer 8 Aoû - 21:54

Emballé par ce succès, DeYoung décide de délaisser son style Rock progressif pour aller vers un Rock théâtral de plus en plus proche de Broadway. Ainsi, il fait de Paradise Theater (1981) un concept album. La ballade « The Best Of Times » poursuit là où Babe s’était arrêté et est un nouveau succès, mais on retiendra plutôt l’autre tube de l’album, le trépidant « Too Much Time On My Hands » de Tommy Shaw. D’autres titres font également de cet album un bon cru de Styx: « Rockin’ The Paradise », « Nothing Ever Goes As Planed », « Lonely People », « Snowblind » ou encore « She Cares ». Voulant aller encore plus loin, DeYoung décide de créer avec Kilroy Was Here, en 1983, un véritable opéra rock autour de l’interdiction du Rock et d’une rockstar injustement emprisonnée (interprétée évidemment par lui). Se donnant à fond, il produit même l’un de ses meilleurs titres, l’excellent « Mr Roboto ». En revanche ni Tommy Shaw ni James Young ne se trouvent emballés et rêvent de retrouver la simplicité Rock d’antan. Aucun cependant n’ose aller ouvertement à l’encontre de leur leader et de ce fait, ce qu’il produiront pour l’album se révèlera mauvais et poussif (« Cold War » pour Shaw, « Heavy Metal Poisoning » pour Young). Conscient de cela, Shaw refusera même qu’une seule de ses compositions sortent en single. Que dire enfin du second hit du disque, l’insipide « Don’t Let It End » de DeYoung ? Porté par ses grandes ambitions, DeYoung veut aller jusqu’à représenter l’album sur scène comme une comédie musicale. Les musiciens se retrouvent donc à devenir des acteurs qu’ils sont loin d’être tandis que la musique est joué sur bandes. Terriblement cher du fait de la présence de danseurs et de décors, le groupe frise même parfois l’émeute auprès du public Rock. N’est pas Alice Cooper qui veut. La tournée est la goûte d’eau qui fait déborder le vase et Tommy Shaw claque la porte. Pas particulièrement enclin à continuer l’aventure, les trois autres le suivent, laissant DeYoung seul et le groupe se sépare alors que sort l’album live assez fade Caught In The Act.



Pendant six ans, les membres de Styx vont vaquer à leurs occupations puis, en 1990 DeYoung, Young et les frères Panozzo décident de relancer la machine. En plein succès avec Damn Yankees, Shaw décline l’invitation et sera remplacé par Glen Burtnik. Edge Of The Century réussit à redonner le succès au groupe malgré leur break et le changement de la scène musicale et ce grâce à la ballade à succès (encore une) « Show Me The Way ». Le petit nouveau Burtnik se trouve même très prolifique, co-signant la moitié des titres dont un « Love Is The Ritual » très dans l’air du temps, mais il n’empêche que l’absence de Shaw se fait sentir et le groupe ne tardera pas à se séparer à nouveau. En 1995, pourtant, la nécessité d’enregistrer une nouvelle version de « Lady » pour une compilation (la version d’origine étant bloquée pour des question de droits) va faire se réunir le groupe. Si cette fois Tommy Shaw est de la partie, c’est John Panozzo qui manque, en très mauvaise santé du fait de sa trop grande consommation d’alcool. La mort dans l’âme, Styx doit se résoudre à partir sans lui en tournée, le remplaçant par Todd Sucherman. Pendant la tournée, illustrée par le live Return To Paradise, l’ancien batteur du groupe trouvera la mort.

1999 marque la sortie d’un nouvel album, Brave New World, mais les ventes seront décevantes. Dennis DeYoung annonce également au groupe qu’il ne se sent pas la force de partir en tournée et demande à ce qu’elle soit annulée. Les vieilles rancœurs ressortant, le reste du groupe décide rapidement de partir sans lui en le remplaçant par Lawrence Gowan. DeYoung ne fut cependant pas le seul à être absent de l’aventure, Chuck Panozzo décida de se mettre en retrait des tournées également, n’apparaissant que ponctuellement, du fait de sa contamination par le virus du SIDA. Son remplaçant ne sera autre que… Glen Burtnik. Un nouvel album sera enregistré en 2003, Cyclorama, mais ne remportera guère plus de succès malgré de bons moments. Désormais, le succès, Styx le rencontre sur scène, faisant partie de la longue liste des groupes attirant désormais des hordes de nostalgiques. Deux ans plus tard, alors que Ricky Phillips de The Babys et Bad English a remplacé Glenn Burtnik, l’album de reprises Big Bang Theory permit à Styx de remonter dans les charts. Cependant, il faudra attendre 2017 et la sortie de The Mission pour retrouver du nouveau de la part du groupe, preuve que Styx n’était peut-être pas si vite à enfermer dans la catégorie des auto-Tribute Band…

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